Passion pour la Protection sociale, passion pour l’intérêt général, passion pour une grande œuvre

Fabien Brisard

Délégué Général du CRAPS

S’il y a bien un trait commun à tous les acteurs de la Protection sociale que le CRAPS rencontre depuis sa création, c’est bien celui de la passion ! Passion pour la Protection sociale, passion pour l’intérêt général, passion pour une grande œuvre. 

Aujourd’hui, c’est à l’invitation du groupe AHNAC (Association Hospitalière Nord – Artois – Cliniques), de son Président Dominique Diago et de son Directeur Général François-Emmanuel Blanc, qu’il nous a été possible une nouvelle fois de mesurer – était-ce encore nécessaire ? – ce formidable engouement fait d’abnégation et de persévérance pour cette idée d’avenir qu’est la Protection sociale à la française !

Les deux hommes nous avaient donné rendez-vous à Liévin.  Ville de moins de 32 000 habitants mais ville emblématique de cet archipel noir que serait le Nord !

Notre mémoire collective façonnée à l’école de la République nous a très tôt décrit, sous forme d’images d’Epinal, à travers le naturalisme social teinté des luttes qui allaient marquer à tout jamais notre Histoire, une terre de labeurs, d’efforts, de persévérance. C’était il y a plus d’un siècle… Aujourd’hui, s’il reste des corons, s’il reste quelques plaies de cette histoire généreuse et collective à qui nous devons beaucoup, le Nord a su donner l’image d’une terre d’accueil, préserver merveilleusement sa culture et ses coutumes propres pour, du haut de ses beffrois, transmettre le soleil le plus rare qui soit, celui façonné par l’intelligence du cœur…

C’est ici, dans ce sanctuaire mérovingien que ce groupe hospitalier – acteur majeur de santé publique en région Hauts de France (18 établissements) a installé son siège. Avec plus de 3 000 collaborateurs, l’AHNAC, à but non lucratif, qui fête son quarantième anniversaire cette année, renforce l’offre de santé du territoire en proposant un accompagnement tout au long de la vie.

1. Les Hauts-de-France

Une région particulièrement sinistrée. Les Hauts-de-France, territoire régional légèrement plus vaste que celui de nos voisins belges accueille une population légèrement supérieure à celle du Danemark avec six millions d’habitants. Région de l’hexagone particulièrement sinistrée, affichant notamment un taux de chômage toutes catégories confondues particulièrement élevé (12,9% contre 9,9% en France métropolitaine). A ce titre les moins de 25 ans sont dramatiquement touchés (18,7% contre 15,2% en France métropolitaine). 

Un état de santé dégradé et un taux de mortalité supérieur à la moyenne des régions de l’hexagone. Tant chez les hommes que chez les femmes la mortalité est supérieure à 20% par rapport aux valeurs nationales. Les Hauts-de-France connaissent de loin la plus forte mortalité des régions hexagonales avec un différentiel de + 13% chez les hommes et + 16% chez les femmes. Cette surmortalité générale se traduit par une espérance de vie sur la période 2006-2013 de 2,8 ans inférieurs à celle de la France chez les hommes (75,3 ans versus 78,1 ans) et de 2,1 ans chez les femmes (82,7 ans versus 84,8 ans). 

Des comportements à risques. Les admissions en ALD (Affection Longue Durée) sont très élevées en Hauts-de-France notamment celles liées aux pathologies en lien avec l’alcool ou encore le tabac. Ainsi, sur toujours la même période 2006-2013, on a enregistré un peu plus de 2 800 décès (dont 75% d’hommes) en lien avec les principales pathologies générées par la consommation d’alcool. Si la mortalité en lien avec l’alcool a diminué de moitié depuis les années quatre-vingt, la différence avec le reste de l’hexagone n’a cessé de croître. Par ailleurs, malgré une mortalité en baisse depuis les années 2 000, un peu plus de 8 300 décès liés au tabac ont été recensés entre 2006 et 2013.

Une offre de soins qui doit s’adapter au territoire. La région se caractérise par une population plutôt jeune. Toutefois une évolution notoire est apparue ces dernières années concernant les plus de 75 ans. Autre élément marquant : la fragilité sociale plus prononcée que sur le reste du territoire, quel que soit l’indicateur retenu. Enfin, tant en termes de mortalité que de morbidité (au regard notamment au travers des affections de longue durée), la région présente des indicateurs d’état de santé dégradés par rapport au reste du pays. La consommation de soins de médecine générale y est donc plus élevée que la moyenne nationale. Pour autant, la densité de médecins généralistes est comparable à la moyenne nationale. Toutefois, il existe de fortes disparités à l’intérieur de la région, avec des difficultés d’accès aux soins plus marquées dans certains territoires, notamment dans les départements de l’Aisne, de l’Oise et du Pas-de-Calais. Afin d’endiguer ce phénomène l’Agence Régionale de Santé a mobilisé́, dès 2012, les leviers du pacte territoire santé. Elle s’est particulièrement attachée, grâce au dispositif du « correspondant installation », à offrir un accompagnement privilégié et personnalisé aux futurs professionnels de santé, notamment en direction des étudiants ayant souscrit un contrat d’engagement de service public (CESP), à soutenir et promouvoir les dynamiques de maisons de santé pluri professionnelles et la signature de contrats de praticien territorial de médecine générale (PTMG). Aux mesures spécifiques du pacte territoire santé s’ajoutent par ailleurs plusieurs innovations et expérimentations menées par l’ARS Hauts-de-France.

2. L’AHNAC

Un siècle d’histoire. La genèse du groupe AHNAC s’inscrit naturellement dans l’histoire de la région, c’est-à-dire celle des mines. Les « Houillères » du Nord et du Pas-de-Calais créaient dès 1904 la clinique chirurgical d’Archelle (clinique à laquelle sera ajoutée une maternité en 1950). D’autres cliniques sont ensuite ouvertes : en 1910 à Hénin-Beaumont, en 1922 à Bully-les-Mines, en 1924 à Oignies, en 1925 à Fouquières-lès-Lens, en 1927 à Liévin (l’hôpital maternité), en 1932 à Valenciennes, et en 1933 à Bruay-en-Artois (Bruay-la-Buissières). Ces établissements initialement prévus pour accueillir la population minière s’ouvrent peu à peu à l’ensemble de la population. La baisse de la population minière et les difficultés rencontrées par certains établissements amènent l’Union Régionale des Sociétés de Secours Miniers du Nord Pas-de-Calais, les Houillères et Charbonnage de France à s’unir afin de créer, en 1977, l’Association Hospitalière Nord Artois Cliniques (AHNAC) regroupant les cliniques chirurgicales, médico-chirurgicales et les maternités du bassin minier. Les cliniques transférées à l’AHNAC bénéficient alors du statut d’établissement hospitalier.

Un groupe privé mais à but non lucratif. Le Groupe AHNAC participe aux missions de service public du Hainaut à l’Artois en confortant et développant le meilleur de l’offre de soins sans dépassement d’honoraires, composé de 18 établissements : 8 établissements sanitaires (polycliniques, cliniques, centres de réadaptation, centres de psychothérapie et HAD), 9 établissements médico-sociaux (EHPA, EHPAD, CSAPA et SSIAD), 1 centre d’études des pneumoconioses et 1 centre de formation. Le groupe accueille ainsi annuellement 49 450 patients aux urgences, 22 000 patients en séjours avec interventions chirurgicales et accompagne plus de 1 000 naissances. Doté depuis plusieurs années d’un matériel technique de pointe et d’équipes extrêmement compétentes, le Groupe AHNAC développe des filières d’excellence dans plusieurs domaines, telles que la pneumologie, l’obésité, la gériatrie ou encore la réadaptation cardiaque et fonctionnelle et l’ambulatoire.

Quelle place dans les GHT ? Une place de choix pour l’AHNAC ! Depuis le 1er juillet 2016, les groupements hospitaliers de territoires (GHT) refondent la carte hospitalière française et l’offre de soins autour de « projets médicaux partagés ». Objectifs affichés ? Une meilleure qualité de l’offre via une réorganisation des soins et une rationalisation des modes de gestion. Avec des dimensions variables sans personnalité juridique propre, la région Hauts-de-France compte aujourd’hui 14 GHT. La liste, arrêtée le 1er juillet par le Directeur Général de l’ARS de l’époque, Jean-Yves Grall, est hétérogène puisqu’elle compte des GHT allant de deux à douze établissements. Et ceci parfois sur un même territoire. Les cliniques privées peuvent être concernées par ces GHT dans le cadre de contrat d’association, ce qui est le cas de l’AHNAC ayant signé avec la GHT Artois Ternois le 5 juillet 2017, un accord cadre pour encadrer les différents projets de coopération. La première concrétisation de cet accord porte sur la filière neurologique. Les chefs de service des urgences de la Polyclinique de la Clarence à Divion (AHNAC) et du service de neurologie du CH d’Arras ont défini des modalités de coopération pour améliorer la filière et la prise en charge des patients pour le bénéfice de la population locale. D’autres opportunités de coopération sont envisagées sur le secteur de la maternité/gynécologie. Une preuve supplémentaire -s’il en était nécessaire- que la collaboration public / privé ça marche !!!

Résolument tourné vers l’avenir. Le Groupe AHNAC a résolument pris le parti de la modernité dans ses prises en charge en prenant le virage de la chirurgie ambulatoire. La polyclinique de Divion fait partie des établissements avant-gardistes en la matière avec déjà 85 % des gestes marqueurs réalisés en ambulatoire soit 60 % de l’activité chirurgicale. La Polyclinique de Clarence, fait figure de pionnier dans le genre. Elle écrivait il y a déjà 10 ans les premières lignes de son engagement en la matière et a même été retenue parmi les 15 établissements les plus performants pour participer à un Benchmark réalisé par l’Agence Nationale d’Appui à la Performance (ANAP), en vue de la rédaction de recommandations nationales. Grâce à des techniques innovantes et moins invasives, la chirurgie ambulatoire – outre ses avantages financiers – est d’abord bénéfique pour le patient. Il est en effet constaté qu’en passant moins de temps dans un établissement de santé, celui-ci relativise l’importance des soins et se rétablit plus rapidement. Ce mode de prise en charge requiert toutefois une extrême rigueur dès la phase préopératoire. Cela se traduit par un très grand travail de préparation et d’information auprès du patient, ainsi qu’une très grande coordination entre les services. L’activité ambulatoire est passée de 1 000 patients en 2006, à plus de 6 000 patients en 2016.

Une communication fièrement affichée. Doté d’un nouveau site internet, le groupe AHNAC investit également dans une communication dynamique à destination des patients et partenaires médicaux, paramédicaux ou institutionnels. Celui-ci a également vocation à mettre en place des services interactifs. Un annuaire des praticiens a ainsi été intégré de même qu’un outil de recherche permettant de trouver le spécialiste souhaité dans l’établissement du groupe. Au fil du temps, des fonctionnalités seront même ajoutées : prise de rendez-vous en ligne, dossier de préadmission etc… Les réseaux sociaux sont également un outil utilisé par le groupe. Ainsi, il est désormais possible de suivre l’actualité sur le réseau social Facebook et d’interagir, mais également sur des outils sociaux plus professionnels tels que Linkedin ou Viadéo. Enfin la multiplication des vecteurs permet également de visionner des vidéos sur la chaîne Youtube. Un branding maîtrisé pour valoriser l’action quotidienne du Groupe.

L’AHNAC affiche une détermination exemplaire à travers une action permanente visant à réduire les déserts médicaux en engageant des échanges suivis avec la médecine de ville.  Le groupe que nous avons découvert développe considérablement son activité à la fois toujours plus dense et plus spécialisée au sein d’un territoire qu’elle connaît parfaitement. Celui-ci a intégré dans son dispositif très rapidement les grands enjeux liés aux progrès médical et technique afin d’offrir à ses patients une prise en charge adaptée et efficace sans dépassement d’honoraires et à tarif opposable.