TRIBUNE
Contrairement aux autres révolutions, celle des opprimés qui descendaient dans la rue et par la violence exprimaient leur lutte, la nouvelle révolution sera celle du silence et de l’abandon…

APRÈS LES INDIGNÉS ET LES PIGEONS, APRÈS LES GILETS JAUNES : LA RÉVOLTE DES COOLIES

Le mouvement des gilets jaunes qui perdure alors que le gouvernement a lâché 10 milliards de dépenses supplémentaires avec un budget déjà en déficit devrait interroger les Français sur la question de qui va payer. Payer la dette qui augmentera, payer les dégâts occasionnés tous les samedis, compenser la baisse du taux de croissance qui se traduira par des recettes fiscales en moins. Par ailleurs, sachant que 52 % des Français ne paient pas l’impôt, le risque est grand qu’un prochain référendum d’initiative populaire approuve par 52 % contre 48 % le doublement de l’IRPP… comme les 20 % de ménages paieront en plus l’abandon pour 80 % des Français de la taxe d’habitation…

Alors que va-t-il se passer mais d’abord qui sont-ils ceux qui au terme du grand débat devront payer ?

Qui sont-ils ? Ces coolies (terme anglais qui désignait les indigènes effectuant des travaux pénibles) qui ne se reconnaissent plus dans une France des 35 heures, des loisirs et de l’irresponsabilité, de la parole mais jamais de l’action.

Ces entrepreneurs qui créent, prennent des risques et sont accusés de profiter.

Ces artisans et professions libérales qui font deux fois les 35h en une semaine et sont soumis à de multiples contrôles.

Ces fonctionnaires qui croient en leur mission et se désespèrent de voir certains confondre service public et rente statutaire.

Bref, tous ceux qui portent la croissance économique et perdent confiance et espoir, les voilà perdus dans une société qui a oublié que l’implication personnelle, l’initiative et tout simplement le travail sont les garanties d’une société solidaire.

Que feront-ils ?

Démissionner en vendant leurs projets, leurs entreprises, quitter la France ?

Contrairement aux autres révolutions, celle des opprimés qui descendaient dans la rue et par la violence exprimaient leur lutte, la nouvelle révolution sera celle du silence et de l’abandon.

La révolte des coolies du XXIe siècle ne sera pas violente. Ils ne descendront pas dans la rue, ils démissionneront. Alors tout doucement mais inexorablement la France s’endormira, perdue dans ses chimères et dans les déficits successifs, ayant oublié que l’intérêt national passe par la reconnaissance de l’effort individuel de chacun et que le travail est plus créateur de richesses et de satisfactions que de souffrances… Et que l’effort de chacun produit la richesse de tous. 

Billet d’humeur d’un cadre du public qui rappelle ce que Thucydide faisait dire à Périclès : « Il vaut mieux pour un homme que ses affaires aillent mal dans une cité qui va bien que le contraire. Car si la cité va à sa ruine, les individus ne peuvent conserver aucun espoir de prospérité.».